Ces petits grains de sable dans la machine à expulser...

Publié le par R.E.F.I



Société - Article paru
le 17 juillet 2009

événement

Des grains de sable dans la machine à expulser

Immigration . Rencontre avec ces agents de la fonction publique qui, au nom de leur éthique républicaine, refusent de participer à la chasse aux sans-papiers. Quitte à ne pas appliquer

les consigneset à prendre le risque d’être sanctionnés.


En 2009, le ministrede l’Immigration, Éric Besson, devra expulser du territoire français 28 000 étrangers. Cette politique de retours forcésne peut se faire sans la coopération de tous les corps de l’État. La délation tourne à plein régime. Ici, une fonctionnaire de la mairie du 5e arrondissement de Paris signale à la préfecture une Équatorienne venue inscrire son fils à l’école. Là, un agent de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Yonne dénonce un Angolais malade et gravement handicapé…


Mais tous les fonctionnaires ne pensent pas que la « dénonciation est un devoir républicain », selon la formule de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP. Certains ont une idée différente de l’accueil et du service public. Ils sont guichetiers en préfecture, médecins de santé publique, agents du Pôle emploi ou inspecteurs du travail. À leur niveau, ils s’opposent à la politique migratoire de la France qu’ils jugent néfaste. « De plus en plus de gens dans ce pays refusent de dénoncer et de surveiller, note Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme. Dans certains cas, la désobéissance civique est obligatoire. C’est aussi une façon de dire que nous n’avons pas peur. »


Cette résistance peut être individuelle ou collective et prend différentes formes : du sourire de la guichetière en préfecture au refus de contrôler les papiers de l’agent du Pôle emploi.


« C’est un mouvement en partie individuel mais qui comprend aussi des articulations avec le syndicalisme, ajoute Jean-Pierre Dubois. Les éthiques personnelles et citoyennes se rejoignent pour dire : "Pas ça et pas moi.’’ » Ces petites actions au quotidien sont autant de grains de sable discrètement glissés dans les rouages de la machine à expulser.


Marie Barbier



Société -
Article paru
le 17 juillet 2009

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un réseau contre la délation

Le RÉFI (Réseau emploi formation insertion) voit le jour à Lyon fin 2007, sur le modèle du Réseau éducation sans frontières. « L’idée est de dire : nous sommes des salariés des services publics et nous refusons de collaborer à la chasse à l’étranger qui s’est instaurée dans ce pays », explique Marie-Rose Levy Pechallat, employée de Pôle emploi et syndiquée chez SUD. Une pétition est mise en ligne : « Hier, aujourd’hui, demain, nous nous opposons à la délation des travailleurs et chômeurs étrangers » (1). Depuis, l’idée a essaimé et trois autres RÉFI ont vu le jour (Centre, Isère et Midi-Pyrénées). Outre un système d’alerte, le RÉFI organise des formations sur le droit des agents du service public de refuser des consignes qu’ils jugent contraires à leur éthique.

(1) http://refi.over-blog.org

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