CGT ANPE POLE EMPLOI : NOUS NE SERONS PAS DES AUXILIAIRES DE POLICE

Publié le par R.E.F.I

Communiqué de la CGT ANPE Pôle Emploi

 

 

Nous ne serons pas des auxiliaires de la police.


 

Des consignes sans fondements légaux; veulent transformer le service public en détective public, en détecteur de faux papiers.

 

Depuis plusieurs années, sous couvert de lutte contre la fraude à l’indemnisation du chômage, nos collègues des Assedic étaient contraints d’en faire de même, ce que la CGT a toujours dénoncé. A savoir que le taux officiel de « fraudeurs » ne dépasse pas les 2% et reste stable avec ou sans ce système scandaleux.

Nous dénonçons ce prétexte – car en aucun cas ces mesures n’ont démontré une quelconque efficacité contre « les fraudeurs », dont on oublie qu’ils sont souvent très hauts placés dans l’économie et la finance -, ainsi que la très réelle politique des quotas d’un ministère dit de « l’identité nationale », de la honte, et qui siège au conseil d’administration de Pôle emploi.

 

Nous dénonçons l’abus de pouvoir manifeste qui consiste à faire que l’agent s’empare des papiers, les emporte dans un bureau pour les passer à une lampe de détection UV, soit incité en cas de détection positive à signaler en douce à la Préfecture, déjouant la confiance que peut avoir un chômeur envers un service qui devrait être public.

Nous ne sommes  ni agents de police, ni gendarmes, ni douaniers ! Et que dire alors des photocopies de papiers, le plus souvent parfaitement légaux, qui commencent à être stockés voire à traîner dans certaines agences ou antennes ?

 

Nous le disons tout net : ce n’est pas le travail des personnels de Pôle emploi que de contribuer à remplir des charters.

Nous appelons tous les agents publics à résister collectivement à ces directives, tellement honteuses qu’elles n’osent même pas faire l’objet d’une instruction nationale de Pôle Emploi; nous appelons les travailleurs, les syndicats, les progressistes à amplifier la protestation contre elles.

 

Nous ne pousserons pas le chômeur à la faute.

 

 

Lors du débat parlementaire début 2008, un intéressant échange avait eu lieu sur la mission des personnels du futur Pôle emploi : s’agissait-il de conseiller, ou de prescrire ? Le gouvernement et sa majorité avaient tranché : la prescription. Mais de prescrire, on en arrive à contraindre, à contrôler et à proscrire. Nombre de collègues refusent d’ores et déjà cette logique en manifestant leur désaccord par des pétitions et des refus d’obtempérer.

 

Dans la déjà longue série des motifs de sanction - et par le formatage des activités professionnelles qu’induisent le programme informatique et l’ordinateur, que l’on voudrait ériger en chef d’orchestre de l’entretien -, la Direction à ajouté (fin 2008) un nouvel item : le refus du demandeur d’emploi de signer le « Projet personnalisé d’accès à l’emploi » (PPAE).     

 

Comme si le recrutement, a fortiori dans cette crise du capitalisme qui engendre des désastres sociaux, était fonction essentiellement, voire exclusivement, du ressort du chômeur… Plus grave encore, l’application informatique, la « machine », recensent maintenant les dits « refus d’offre raisonnable d’emploi ».

Nous l’affirmons encore et toujours : la seule offre valable d’emploi, c’est celle que le chômeur considère comme telle.

 

Nous le disons tout net : cette machine de guerre contre les chômeurs ne doit pas faire partie des missions du service public, - dont s’éloigne de plus en plus Pôle Emploi - sous peine qu’il devienne le bras armé de toutes les dégradations de l’emploi, déréglementations, contrats abusifs et offres illégales (exemple : CDD à répétition, CDD « périodes d’essai » avant CDI), négation des qualifications, développement de toutes sortes de précarités, smicardisation des emplois. Ce n’est pas parce qu’une loi inique a prévu que l’employeur est dégagé de toute responsabilité quand il emploie un travailleur sans papiers recruté par l’intermédiaire de l’ANPE (maintenant, de Pôle emploi), qu’il faut accepter l’inacceptable !

 

 

Nous appelons à remplir la case « sans objet » des conclusions d’entretien du « PPAE », ce qui valide  le PPAE dans l’historique du DE et n’entraîne aucune conséquence néfaste pour lui.

Nous appelons à proscrire toutes sanctions en cas de  refus d’une offre dite « raisonnable ».

Nous appelons à ne pas photocopier les papiers et copies écran du dossier de chômeurs.

 

La confédération syndicale CGT n’a pas accepté de cautionner le dispositif qui a abouti à l’offre « raisonnable » d’emploi.

Là encore, nous invitons les personnels de Pôle Emploi, les travailleurs, les organisations syndicales, les progressistes à faire monter la pression contre ces dispositifs.

 

 

Pôle… ice emploi ?

Pour la CGT ANPE Pôle Emploi, NON !

Publié dans RESISTANCE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

aliciabx 10/04/2009 22:42

J'envoie le billet sur une communauté.
Bon courage