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Vendredi 10 avril 2009

Communiqué de la CGT ANPE Pôle Emploi

 

 

Nous ne serons pas des auxiliaires de la police.


 

Des consignes sans fondements légaux; veulent transformer le service public en détective public, en détecteur de faux papiers.

 

Depuis plusieurs années, sous couvert de lutte contre la fraude à l’indemnisation du chômage, nos collègues des Assedic étaient contraints d’en faire de même, ce que la CGT a toujours dénoncé. A savoir que le taux officiel de « fraudeurs » ne dépasse pas les 2% et reste stable avec ou sans ce système scandaleux.

Nous dénonçons ce prétexte – car en aucun cas ces mesures n’ont démontré une quelconque efficacité contre « les fraudeurs », dont on oublie qu’ils sont souvent très hauts placés dans l’économie et la finance -, ainsi que la très réelle politique des quotas d’un ministère dit de « l’identité nationale », de la honte, et qui siège au conseil d’administration de Pôle emploi.

 

Nous dénonçons l’abus de pouvoir manifeste qui consiste à faire que l’agent s’empare des papiers, les emporte dans un bureau pour les passer à une lampe de détection UV, soit incité en cas de détection positive à signaler en douce à la Préfecture, déjouant la confiance que peut avoir un chômeur envers un service qui devrait être public.

Nous ne sommes  ni agents de police, ni gendarmes, ni douaniers ! Et que dire alors des photocopies de papiers, le plus souvent parfaitement légaux, qui commencent à être stockés voire à traîner dans certaines agences ou antennes ?

 

Nous le disons tout net : ce n’est pas le travail des personnels de Pôle emploi que de contribuer à remplir des charters.

Nous appelons tous les agents publics à résister collectivement à ces directives, tellement honteuses qu’elles n’osent même pas faire l’objet d’une instruction nationale de Pôle Emploi; nous appelons les travailleurs, les syndicats, les progressistes à amplifier la protestation contre elles.

 

Nous ne pousserons pas le chômeur à la faute.

 

 

Lors du débat parlementaire début 2008, un intéressant échange avait eu lieu sur la mission des personnels du futur Pôle emploi : s’agissait-il de conseiller, ou de prescrire ? Le gouvernement et sa majorité avaient tranché : la prescription. Mais de prescrire, on en arrive à contraindre, à contrôler et à proscrire. Nombre de collègues refusent d’ores et déjà cette logique en manifestant leur désaccord par des pétitions et des refus d’obtempérer.

 

Dans la déjà longue série des motifs de sanction - et par le formatage des activités professionnelles qu’induisent le programme informatique et l’ordinateur, que l’on voudrait ériger en chef d’orchestre de l’entretien -, la Direction à ajouté (fin 2008) un nouvel item : le refus du demandeur d’emploi de signer le « Projet personnalisé d’accès à l’emploi » (PPAE).     

 

Comme si le recrutement, a fortiori dans cette crise du capitalisme qui engendre des désastres sociaux, était fonction essentiellement, voire exclusivement, du ressort du chômeur… Plus grave encore, l’application informatique, la « machine », recensent maintenant les dits « refus d’offre raisonnable d’emploi ».

Nous l’affirmons encore et toujours : la seule offre valable d’emploi, c’est celle que le chômeur considère comme telle.

 

Nous le disons tout net : cette machine de guerre contre les chômeurs ne doit pas faire partie des missions du service public, - dont s’éloigne de plus en plus Pôle Emploi - sous peine qu’il devienne le bras armé de toutes les dégradations de l’emploi, déréglementations, contrats abusifs et offres illégales (exemple : CDD à répétition, CDD « périodes d’essai » avant CDI), négation des qualifications, développement de toutes sortes de précarités, smicardisation des emplois. Ce n’est pas parce qu’une loi inique a prévu que l’employeur est dégagé de toute responsabilité quand il emploie un travailleur sans papiers recruté par l’intermédiaire de l’ANPE (maintenant, de Pôle emploi), qu’il faut accepter l’inacceptable !

 

 

Nous appelons à remplir la case « sans objet » des conclusions d’entretien du « PPAE », ce qui valide  le PPAE dans l’historique du DE et n’entraîne aucune conséquence néfaste pour lui.

Nous appelons à proscrire toutes sanctions en cas de  refus d’une offre dite « raisonnable ».

Nous appelons à ne pas photocopier les papiers et copies écran du dossier de chômeurs.

 

La confédération syndicale CGT n’a pas accepté de cautionner le dispositif qui a abouti à l’offre « raisonnable » d’emploi.

Là encore, nous invitons les personnels de Pôle Emploi, les travailleurs, les organisations syndicales, les progressistes à faire monter la pression contre ces dispositifs.

 

 

Pôle… ice emploi ?

Pour la CGT ANPE Pôle Emploi, NON !

Publié dans : RESISTANCE - Voir les 1 commentaires - Recommander
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Commentaires

J'envoie le billet sur une communauté.
Bon courage
Commentaire n°1 posté par aliciabx le 10/04/2009 à 22h42

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