HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
NOUS NOUS OPPOSONS À LA DELATION
DES TRAVAILLEURS ET CHOMEURS ETRANGERS
La chasse aux étrangers est ouverte partout : dans la rue, les quartiers, les écoles, les foyers, les administrations, les
hébergements d’urgence, les entreprises… La politique du chiffre prévaut, souvent sans discernement
Les pressions s’exercent en cascade, du Président au Ministre, du Ministre aux Préfets… et la tentation s’accentue de faire
participer tous les échelons institutionnels à cette course effrénée.
De L'ANPE à l'ASSEDIC :
Le Courrier et la circulaire du 4 juillet
2007, adressés aux Préfets, ne laissent aucun doute sur les intentions du Ministre. C’est bien, maintenant parmi les chômeurs qu’Hortefeux a décidé de débusquer les étrangers, pourtant en
séjour régulier ! L’alibi de la lutte contre la fraude ne suffit pas à légitimer la présomption de culpabilité qui s’installe. Le personnel de l’ASSEDIC et de l’ANPE est considéré comme auxiliaires de police, leur « nouvelle
mission » : envoyer à la préfecture des photocopies de toutes les cartes de séjours des étrangers venant s’inscrire.
L’inspection du travail a été placée sous l’autorité du ministère du travail et de celui de l’immigration dans le
cadre d’une nouvelle infraction « le travail illégal des étrangers » qui contrairement aux dispositions actuelles du code du travail ne permet pas de rétablir dans leur droits les
personnes en situation de travail. Pour contourner les résistances des agents de contrôle dans la mise en œuvre de ces orientations discriminantes déjà définies par les circulaires SARKOZY-
LARCHER, plusieurs DDTEFP dont celle du Rhône veulent créer une brigade volante d’agents de
contrôle pour aller remplacer les collègues réfractaires à effectuer les contrôles centrés sur
l’origine supposée des salariés.
Dans les associations comme
Cabiria :
Les associations qui accueillent et accompagnent des migrant-e-s n’échappent pas aux pressions policières.
L’association de santé communautaire Cabiria, qui effectue un travail de prévention et d’accès aux droits avec des personnes prostituées, a été récemment
incitée par la police à dénoncer les personnes sans-papiers de sa connaissance. Cette démarche va évidemment à l’encontre de l’éthique et des missions pour lesquelles l’association reçoit des financements. Cabiria craint
une multiplication de ces pressions policières, ce qui porterait un grave préjudice au travail d’accompagnement effectué par le milieu associatif.
Notre métier c’est l’emploi, la formation, l’insertion. Nous ne nous laisserons pas détourner de nos missions pour collaborer à cette politique obsessionnelle du chiffre en matière de lutte contre
l’immigration clandestine (tellement clandestine qu’elle vient s’inscrire à l’ANPE).
Nous refusons d’appliquer toute procédure (transitoire ou définitive) visant à mettre en œuvre une loi, une circulaire
discriminante, une injonction préfectorale, humiliante, vexatoire, qui stigmatise l’étranger et le fait passer pour un fraudeur potentiel.
Ces lois, ces décrets, ces circulaires sont contraires à notre éthique, notre déontologie, et ont des relents des pires périodes de notre histoire,
c’est pourquoi, sur le modèle du Réseau Education Sans Frontière, nous appelons à la création d’un Réseau des Services de l’Emploi, de la
formation, et de l’insertion :
- Pour empêcher l’application de ces directives, ces lois.. qui bafouent les droits des personnes au seul prétexte qu’elles ne sont
pas de la « bonne origine »
- Pour témoigner, par tous les moyens, sa solidarité à toute personne bafouée dans ses droits, la soutenir et briser le silence en
effectuant des campagnes d’information
- Pour exprimer sa solidarité et aider tout professionnel sur lequel une pression serait exercée afin qu’il applique ces directives
inacceptables.
- Pour faire reconnaître le droit de désobéissance déontologique de tous les professionnels confrontés à des actions qui seraient en
contradiction avec leurs missions de services au public, et dont la finalité serait le contrôle des étrangers dans le cadre des lois de l’immigration
8/12 : ça y est des contacts ont été pris avec Sud Solidaires, qui est intéressé pour créer un réseau sur Paris...
salut,
je souhaite vous faire part de ma réaction à cet Appel (je suis militant de la CGT Chômeurs du Rhône) :
si la résistance des agents de l'Anpe, de l'Assedic et, plus largement, de tous les professionnels de l'insertion, aux injonctions de dénoncer les étrangers en situation irrégulière est évidemment une initiative bien venue, il reste que nous (les chômeurs et autres Rmistes) aimerions entendre les mêmes salariés de l'insertion et du service public de l'emploi appeler aussi clairement à résister également à la "traque au chômedu", quand celui-ci est supposé être un "fraudeur-fainéant-vivant à l'aise aux frais de la princesse" qu'il faudrait convoquer à outrance (une fois par mois, voire une fois par semaine); puis qu'il faudrait contrôler étroitement, avant, le cas échéant, de le signaler à l'attention des services de l'Etat (DDTEFP), lesquels le puniront comme il le mérite pour n'avoir pas recherché un emploi avec suffisament de motivation (on le sanctionnera au motif qu'il y a un "doute sur la réalité de la recherche d'emploi"... critère éminemment flou); sans trop accorder d'attention au fait que si ce chômedu n'a pas trouvé de boulot, c'est peut-être bien parce qu'il n'y en a pas pour lui... et que si il n'y a pas de boulot c'est peut-être bien parce que la désindustrialisation massive de nos contrées ne pouvait que produire ce type de résultat, considérant que les discours sur "l'économie de l'intelligence" qui devait supléer la "vieille économie"" et toutes ces fariboles du même calibre ne se sont pas traduites en emplois.
bon, bref, je suppose que vous savez déjà tout çà, ou alors il faudrait qu'on en discute dans un autre contexte.
Pour revenir à cet Appel, dont mon syndicat soutiendra évidemment le principe, (nous avons d'ailleurs apporté notre soutien très concret à plus d'un sans papier, et nous continuerons autant que de besoin), il me faut vous dire que, même si il ne s'agit pas de confondre sans un examen plus attentif les deux questions (celle du contrôle des demandeurs d'emploi et celle de la chasse aux sans papiers), il reste que dans ces deux cas le rôle qui est dévolu aux salariés de l'insertion et du service public de l'emploi relève d'une même sale logique flicarde.
Et si vous avez l'intention de résister ouvertement à l'une (comme l'indique votre Appel), sans refuser tout aussi clairement l'autre (qui dénature les métiers de l'insertion depuis déjà trop longtemps), alors il y a tout lieu d'être inquiet quant aux chances de succès de l'action dans laquelle vous semblez vouloir vous engager.
à tout le moins il me semble qu'il y a là un sujet sur lequel nous devrions échanger.
c'est dans cette intention que je vous laisse mes coordonnées :
alan Loffreda. secrétaire-adjoint du syndicat des Privés d'Emploi et Précaires CGT du Rhône (PEP-CGT/69)
mail : alan.loffreda@laposte.net
adresse postale : PEP-CGT/69 c/o Union Locale CGT "Lyon124"
31, rue Quivogne 69002 Lyon
salutations.
A.L
Pour une réponse collective, il conviendra d'être un peu patient. Il serait en effet souhaitable que nous te répondions après discussion sachant que tu n'es pas le premier à nous interpeller sur ce sujet.
Pour ce qui est des chômeurs, nous sommes assez bien placés pour savoir qu'ils ne sont pas ménagés, il n'est pas question de le nier, mais ce n'est pas l'objet du REFI qui s'est créé sur d'autres motifs.
Aussitôt que nous avons des contacts sur le Pas de Calais on te le fait savoir.
ni emplois forcés
FAISONS PLOYER PÔLE EMPLOI !
En 1997/98 des collectifs de chômeurs et de précaires avaient envahi des centaines d’agences ANPE et Assedic pendant plusieurs semaines. « Nous ne voulons pas d’une société d’assistance mais une société fondée sur le travail », leur répondait alors Jospin en envoyant les flics, sonnant ainsi le clairon d’une offensive travailliste de longue durée dont nous subissons encore aujourd’hui les effets. Depuis, seuls un puissant mouvement d’intermittents et de précaires et le mouvement des recalculés de l’Unedic ont su mettre des bâtons dans les roues de l’entente programmée entre le MEDEF, la CFDT et le gouvernement. « Ce que nous défendons nous le défendons pour tous » ! clamaient les intermittents et précaires en exigeant une indemnité pour chaque jour chômé au moins égale au SMIC-jour.
Aujourd’hui, on nous refourgue sans complexe « la valeur travail » à coups de « retroussage de manches » et de « travailler plus pour gagner plus », de RSA et d’« offre raisonnable d’emploi », comme un nouvel esclavage déguisé, pendant que Christian Charpy, le directeur général de Pôle Emploi, bénéficie d’une hausse de salaire de 20 %, à 275.000 euros par an en 2009, et que tant d’autres se remplissent les poches avec des milliards. Ils nous voudraient soumis, pire, motivés pour leurs emplois de merde, isolés dans la lutte de chacun contre tous, dans le suivi individualisé, l’évaluation des compétences, le PPAE (plan personnel d’accès à l’emploi), dans le « coaching » de notre employabilité.
Le Pôle Emploi, résultat de la fusion chaotique de l’ANPE et des Assedic, est au bord du collapse, les CAF ne savent plus où donner de la tête, les services sociaux sombrent devant l’afflux des surendettés, des menacés d’expulsion, des mal-logés ou pas logés du tout, des mal-soignés faute d’accès aux droits les plus élémentaires... Des milliers de sans-papiers sont condamnés à se planquer, vivotant entre des boulots sous-payés et des solidarités condamnées par le gouvernement... Mais peu importe, il faut faire tourner la machine, malgré les centaines de milliers de nouveaux chômeurs, culpabiliser, radier, trafiquer les chiffres du chômage, mener une politique de peur et de flicage. On nous parle d’un nouveau cycle de crise du capitalisme, on nous dit que ça va passer, qu’il suffit de moraliser la spéculation financière, qu’il nous faut de toute façon des bons patrons capitalistes pour fournir du boulot aux prolétaires sur le dos desquels ils vivent. Qu’il faut devenir entreprenant, voire auto-entrepreneurs.
« Nous ne paierons pas leur crise », partout cette phrase résonne depuis l’hiver. Partout des solidarités s’inventent dans le refus du capitalisme, la lutte contre un néolibéralisme mondial qui entend dicter et guider nos conduites. Pour répondre à cela et faire taire la contestation, l’État criminalise les révoltes et les mouvements sociaux. On nous veut craintifs, serviles et obéissants et surtout pas critiques, solidaires et inventifs. Les journées de grève et de manifestation trimestrielles ne parviendront pas à nous endormir. Les centrales syndicales « représentatives » (du gouvernement) n’y pourront rien.
Depuis cet hiver, une série d’autoréductions dans les supermarchés, des séquestrations de pédégés et managers d’entreprises, le mouvement de protestation dans les universités, le mouvement victorieux en Guadeloupe ont montré qu’il était possible de prendre ses affaires en main.
En occupant les Pôle emploi, les CAF, les CCAS, les maisons vides, en refusant collectivement de payer nos dettes, en luttant aux cotés des sans-papiers, en s’opposant aux rafles, en organisant des autoréductions, en assurant notre subsistance sans nous soumettre à leurs emplois, nous pouvons ensemble porter des coups à leur monde, établir des liens, respirer.
Si on vous sucre vos allocs, si on vous menace de radiation, si on vous impose des stages ou des formations idiotes, des emplois de merde, si on veut vous virer de votre logement, si vous refusez cet ordre social, rejoignez les collectifs de chômeurs, de précaires, de mal-logés, d’étudiants, de salariés insoumis, de sans papiers.
Les salariés du Pôle qui refusent la logique que l’on veut leur faire servir peuvent, avec les précaires en lutte, imposer que leur fonction soit radicalement remise en cause, au quotidien, et en exigeant que leur tâche prioritaire vise non pas le contrôle social et le service aux entreprises mais l’information sur les droits et l’appui aux chômeurs et précaires. Des états généraux de la précarité ont lancé un appel à faire campagne contre Pôle emploi et à des marches de précaires à l’automne.
Exigeons dès maintenant le relèvement des minima sociaux à 1000 euros par mois, la suppression de l’ « offre raisonnable d’emploi » et du suivi mensuel obligatoire, la suppression du 3949 et le rétablissement de l’accueil au guichet, la liberté d’établir ou non un contrat d’insertion avec des contenus décidés par les allocataires eux-mêmes
Nous proposons dans un premier temps de rejoindre les salariés de Pôle emploi lors de la grève du 18 juin pour participer aux assemblées, manifestations et actions, puis de mener des actions coordonnées dans les Pôles emploi du 22 juin à la fin du mois, date de publication des chiffres du chômage.
Coordination des intermittents et précaires (idf), 10 juin 2009