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POURQUOI UN RESEAU ?

POURQUOI UN RESEAU EMPLOI FORMATION INSERTION ?

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Nous sommes des salariés des services publics : ANPE, Assedic, DDTEFP, ou encore d’associations, d’organismes de formation, nous refusons de collaborer à la chasse à l’étranger qui s’est instauré dans ce pays.

 
Dans une ANPE du département du Rhône, l’un de nos collègues a été confronté à une situation insupportable : il devait signaler, à la police de l’Air et des Frontières, l’arrivée d’une personne étrangère qui avait été convoquée, à son insu, sur ses plages de rendez-vous.

Malaise… Heureusement, ce jour là, la personne n’est pas venue.

Depuis, nous nous parlons, nous échangeons, il n’est pas question de nous taire, nous ne voulons ni être acteur, ni complice de ce genre de situations qui nous font penser aux pires périodes de notre histoire.

 
Notre mission c’est l’emploi, la formation, l’insertion, ce n’est pas le contrôle des papiers des étrangers, et encore moins la délation.

 

Pourtant de nouveaux textes, directives risquent de multiplier ces graves atteintes à notre déontologie.

 

Nous avons donc décidé de nous organiser et de résister collectivement en créant :

 

LE RESEAU EMPLOI FORMATION INSERTION.

 

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Lundi 17 mars 2008
Un employeur condamné pour licenciement abusif d'un sans-papiers
LE MONDE | 12.03.08 | 15h47  •  Mis à jour le 12.03.08 | 15h47
 
La cour d'appel de Paris a confirmé, mardi 11 mars, le jugement des prud'hommes condamnant une société de nettoyage pour avoir licencié abusivement un salarié sans papiers.

Peu après son arrivée en France en 2001, Aly Korera, un Mauritanien aujourd'hui âgé de 36 ans, est embauché avec de faux papiers par la société de nettoyage L'Audacieuse, en région parisienne, pour 800 euros net mensuels. En 2003, l'entreprise exigeant de lui des tâches non prévues par son contrat de travail, il demande une augmentation. Il est alors convoqué par son employeur qui lui dit : "Vos documents sont faux." "Je lui ai répondu qu'il le savait depuis le début. Il m'a dit qu'il ne pouvait plus me garder, m'a proposé de démissionner et menacé de me dénoncer à la police. J'ai dit "d'accord, allons au commissariat ensemble, je leur expliquerai"", raconte M. Korera, qui a continué à travailler sans que rien se passe, jusqu'en juin 2005, date à laquelle il est licencié.

Le 4 mai 2006, devant le conseil des prud'hommes - où il s'est présenté seul, sans l'aide d'un avocat ni d'un conseiller syndical -, M. Korera a obtenu la condamnation de son employeur à plus de 10 000 euros d'amende pour licenciement abusif. Jugement que la cour d'appel de Paris a confirmé, considérant que l'entreprise avait reconnu devant le tribunal avoir connaissance depuis longtemps du fait que son salarié avait de faux papiers et que dès lors ces faits ne pouvaient pas constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement.

"Il y a une justice en France", s'est félicité M. Korera, juriste de formation. Après son licenciement, il a retrouvé un emploi sous une autre identité. Mais, aujourd'hui, fort de ces décisions de justice, il compte demander à être régularisé et espère l'être, alors qu'il "travaille, cotise, paye (ses) impôts" depuis maintenant sept ans.

Laetitia van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 13.03.08
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